
L’année dernière, j’ai posé les fondations d’un projet qui m’animait profondément. Il s’agissait d’emmener avec moi, durant quelques jours, une équipe d’une vingtaine de personnes dans un lieu magique situé au cœur d’une forêt des Alpes de Haute Provence, un lieu loin de toute civilisation, idéal pour se retirer du monde et vivre l’expérience d’un quotidien fait de temps d’étude de textes fondateurs de la pensée Taoïste et d’une pratique soutenue d’enchaînements classiques de QI GONG, qu’ils soient d’origine Taoïste ou Bouddhiste, de type martial ou non, le tout ponctué de méditations guidées, de narrations de contes, de rituels d’ouverture et de fermeture de nos journées et de bons repas végétariens préparés par le maître des lieux.
À l’heure où les pratiques traditionnelles chinoises dédiées à la culture du vivant en soi et autour de soi ne découlent plus d’un art de vivre et d’une conception spécifique du but de l’existence, à l’heure où elles sont vidées de leur sens originel pour devenir de vulgaires protocoles gestuels sans racines philosophiques, j’ai souhaité revenir aux sources de leur raison d’être. Animé par la volonté de ramener de la cohérence au sein de ces pratiques, qui désignent le mouvement comme un art de santé, et farouchement déterminé à leur redonner un sens concret dans un monde qui organise et normalise la maladie afin d’en faire une source de profit, j’ai créé le concept SAGESTE.
Ce nom, parce qu’il contracte les mots sagesse et geste, résume parfaitement ma démarche lorsque j’organise ces retraites annuelles, mais je dirais qu’il résume plus généralement ma démarche de professeur depuis près de 30 ans. Je ne peux absolument pas concevoir qu’on puisse véhiculer un enseignement gestuel traditionnel qu’il soit thérapeutique, martial ou ritualiste en le coupant du sens profond de l’existence de chaque élément qui le compose. Les pratiques énergétiques traditionnelles chinoises sont la conséquence d’une culture, d’un état d’esprit, d’une philosophie et d’une connexion aux lois du vivant qui se sont peu à peu perdues sous l’influence de l’esprit matérialiste qui a façonné la pensée de l’homme moderne. Interconnectées entre elles, elles faisaient autrefois partie d’un véritable art de vivre. Nous les avons séparées les unes des autres pour en faire des disciplines orphelines à même d’entrer dans nos cases mentales, dans nos cerveaux formatés tout justes capables de les résumer à de vulgaires gymnastiques, à des méthodes d’auto-défense ou à des protocoles de soins purement techniques. Comme le Yoga, les pratiques énergétiques chinoises employant le mouvement comme aboutissement matériel d’une démarche philosophique pour ne pas dire spirituelle sont devenues des gesticulations que l’on fait en pyjama de soie une à deux fois par semaine dans les salles aseptisées de clubs associatifs pour entretenir notre appareil locomoteur et avoir l’air zen.
Le Taijiquan, véritable application martiale hautement sophistiquée des concepts Taoïstes est par exemple majoritairement pratiqué de nos jours comme une danse de centre culturel pour personnes âgées sans fondements martiaux, ni philosophie. On parle alors de « Tai Chi », un terme amputé qui désigne des pratiques plus qu’approximatives, pour ne pas dire douteuses dont le manque de matière pédagogique cohérente et sérieuse est masqué par un pseudo discours énergétique fumeux.
Les enchaînement de mouvements établis par les communautés Taoïstes, Bouddhistes ou Confucéennes qui étaient autrefois destinés à maintenir la solidité et la souplesse de la structure corporelle, un esprit clair et une harmonieuse circulation de l’énergie vitale sont devenues des chorégraphies vides de tout enseignement profond des connaissances et des processus internes dont ils constituent la mise en actes externes.
C’est navrant. Navrant car ces formes sans fonds que l’on regarde tel un doigt pointé vers la lune sans même se douter que celui-ci nous invite à contempler la splendeur de la reine de la nuit, ne sauraient remplir le rôle qu’on leur prête, ainsi déracinées de leur terreau. Navrant car c’est aujourd’hui de ce terreau dont nous avons le plus besoin pour réellement retrouver notre pouvoir en matière de santé.
Pour toutes ces raisons, je m’acharne plus que jamais à mettre au premier plan le sens de chaque geste que j’enseigne quelle que soit la dimension dans laquelle il puise sa raison d’être. Cette dimension peut être symbolique, martiale, mécaniquement ou énergétiquement thérapeutique et même bien souvent les quatre à la fois mais peu importe… Je tiens à ce que son sens soit systématiquement présenté et rattaché à la pensée qui l’a engendré car j’ai l’intime conviction qu’un acte qui n’est pas nourri de conviction et d’intention est un acte stérile. S’entraîner à répéter des gestes vides de sens revient à s’entraîner à mener une existence vide de sens également. C’est d’ailleurs en cela que réside le véritable message des pratiques énergétiques Chinoise. Elles nous suggèrent que la connaissance est un souffle nourrissant qui peut vitaliser nos actes et la matière de notre corps si toutefois esprit et matière s’unissent dans la tempérance grâce à l’ouverture d’un esprit clair, la fraîcheurs de sentiments purs et la douceur d’une volonté maîtrisée.
Esprit et corps : feu et terre… Sentiments et volonté : air et eau. Notre être, dans son incarnation est fait de pensées, de sentiments, de désirs et de matière : quatre enveloppes, quatre éléments alimentés par trois états différents d’un même souffle vital : la lumière, la chaleur et la vibration.
La lumière représente l’intelligence qui est à l’origine de la création, la chaleur représente la connaissance instinctive de cette intelligence et des lois qui en découlent et la vibration représente la vertu, c’est-à-dire l’expression naturelle de la connaissance de ses lois. Coupé d’une connexion avec ces trois teintes du souffle vitale, l’homme ne peut pas réellement se ressourcer et être en santé, il ne peut pas non plus trouver de sens à l’existence et en conséquence, ne peut pas donner de sens à ses actes. Comme je l’ai déjà dit, un acte vide de sens est un acte stérile et forcément, en QI GONG un geste vide de sens est un geste stérile.
C’est pourquoi le second évènement SAGESTE qui aura lieu cette année, les 29, 30 et 31 mai prochains, sera avant tout dédié à l’étude de la structure élémentaire de l’homme et aux moyens que les différents QI GONG emploient pour les nourrir et les harmoniser.
Pour cela, le contenu purement pratique de cette retraite sera majoritairement consacré cette année au Dao Yin Yang Sheng GONG créé par Maître Zhang Guangde dans les années 80. Véritable quintessence des différents types de QI GONG, les enchaînements de Maître Zhang Guangde constituent une part importante du programme national Chinois de maintien de la santé de la population. Je rappelle que Maître Zhang Guangde est avant tout un artiste martial et cela influence grandement son travail de composition des pratiques qui forment son programme de QI GONG. À travers ce programme, nous étudierons les QI GONG qui renforcent notre accroche à la terre et fortifient nos jambes, les QI GONG qui visent à ramener de l’eau et de l’air dans nos fibres arides et les QI GONG qui allument un feu revigorant dans notre ventre et le propagent dans notre buste. Parallèlement à cela, nous aborderons également des pratiques de TAIJIQUAN issues du style CHEN.
Au-delà de la forme, c’est un canon majeur de la liturgie Taoïste qui viendra alimenter le feu de notre esprit, apaiser nos sentiments et nourrir notre volonté d’agir avec justesse et clarté.
Mais si les retraites SAGESTE ont la volonté d’apporter un enseignement rigoureux en matière de QI GONG, elles ont également pour vocation de vous faire vivre l’expérience d’une immersion complète dans un cadre propice à l’enchantement. Loin de vos repères habituels et de la civilisation, les lieux de notre retraite vous offriront de nombreuses sources d’apaisement et de joie. Vous aurez le loisir de les découvrir mais aussi le bonheur d’y savourer la douceur d’une soirée de contes narrés par une conteuse d’exception, d’y vivre la relaxation de méditations guidées et d’y sentir la présence de cet aspect profondément sacré de la nature auquel les forêts des montagnes nous éveillent si facilement. Cette communion avec le sacré et le vivant est la base de toute approche énergétique. Sans elle, tout n’est que folklore et apparat. Celui qui ne plonge pas quotidiennement ses mains dans une terre riche ne peut prétendre connaître les lois du vivant. Celui qui ne fréquente pas régulièrement le feu n’en mesure ni la nature thérapeutique, ni les dangers.
Brice AMIOT
Pour toutes celles et ceux qui souhaiteraient découvrir ou redécouvrir les philosophies en mouvement que sont le Qi Gong et le Taijiquan à travers l’étude des concepts fondateurs dont ils sont issus. À celles et ceux qui souhaitent donner du sens aux arts énergétiques qu’ils abordent bien souvent sous la forme de méthodes et de protocoles décontextualisés d’une vision du monde, d’une culture et d’une époque très différentes de la nôtre. À celles et ceux qui souhaiteraient se retirer du monde le temps d’un week-end pour vivre l’expérience d’une immersion dans un lieu fait pour célébrer l’esprit d’un art de vivre dédié à l’économie de soi et à la non-agitation.
Il n’y a que 22 places disponibles pour ce moment d’exception. Ne tardez pas à réserver la vôtre en remplissant le bulletin ci-dessous.
Tarif du stage en pension complète : 380 euros
Réservations : Afin de valider votre inscription et de réserver votre place, nous vous demandons de bien vouloir remplir le formulaire que vous trouverez en bas de page et effectuer un virement de 30% du prix total du stage, soit 114 euros sur le compte dont l’IBAN indiqué ci-dessous. Toute réservation effectuée sans cet engagement, destiné à assurer votre participation et à sécuriser l’organisateur et le lieu d’accueil, ne pourra être validée.
IBAN : FR76 3000 4020 2900 0101 0426 573
Bénéficiaire : Brice Amiot
Nombre d’inscriptions maximum : 22
Rendez-vous sur la commune de Braux le vendredi matin à 10h (co-voiturage possible à partir de Villeneuve -Loubet sur demande / départ à 8h).
Si le temps le permet et pour ceux qui le souhaitent, nous entrerons dans l’ambiance et le rythme du stage par une marche le long du Canal de Braux et à travers la forêt enchantée qui mène au Domaine du Tardoun (env. 1h30 de marche, sentier facile, peu de dénivelé). Les paysages majestueux nous aideront à laisser derrière nous les soucis du quotidien et à nous relier à l’esprit du lieu qui nous accueillera tout au long de cette retraite. Si cela n’est pas possible, nous gagnerons le domaine en voiture par la piste toute aussi jolie.
À notre arrivée, nous ferons la rencontre de nos hôtes, découvrirons la magie du domaine et prendrons nos places dans les différents logements.
Pour toute question ou information complémentaire : brice.amiot@gmail.com
Un plaid chaud.
Un coussin de méditation.
Une lampe électrique.
Une tenue de pratique confortable et ample.
Des vêtements chauds qui n’entravent pas votre mobilité.
Une paire de chaussette en laine pour le Dojo.
Une paire de chaussure de randonnées.
Un maillot de bain pour les courageux.
Arrivée le vendredi en fin de matinée (par le canal ou par la route) / ouverture du stage.
– Installation.
– Pique-nique (à prévoir).
– 15h00 Introduction / Présentation du stage / éléments théoriques.
– 16h00-17h30 Pratique de QI GONG.
– 17h30 – 18h30 Pratique de TAIJIQUAN.
– 19h00 diner.
– 20h30 contes / fermeture de la journée.
– 6h30 ouverture de la journée.
– 7h00 Pratique de QI GONG.
– 8h45 petit déjeuner.
– 10h00-11h00 éléments théoriques.
– 11h00-12h00 Pratique de TAIJIQUAN.
– déjeuner
– 15h00 éléments théoriques / méditation guidée
– 16h00 – 17h30 Pratique de QI GONG
– 17h30 – 18h30 Pratique de TAIJIQUAN
– 19h00 diner
– 20h30 contes / fermeture de la journée
– 6h30 ouverture de la journée
– 7h00 Pratique de QI GONG
– 8h45 petit déjeuner
– 10h00-11h00 éléments théoriques
– 11h00-12h00 Pratique de TAIJIQUAN
– déjeuner
– 15h00 16h00 clôture du stage
– 16h00 rangement et nettoyage des lieux
– 17h00 départ.