
Comme elle le laissait présager, cette année du cheval de feu est torride. Le monde semble prêt à s’embraser et chacun se sent tenté d’agir démesurément, de partir au galop, de ruer dans les brancards dans un domaine ou un autre, porté à ébullition par l’ardente énergie de l’époque.
Lorsqu’un feu est menaçant, il faut craindre le vent qui le nourrit et le répand. Il faut employer la terre pour le contenir et l’eau pour le calmer. À notre échelle personnelle, cela peut prendre la forme d’une pratique consciente visant spécifiquement à mener des actions symboliques ayant des correspondances avec les éléments naturels. Ramener de la terre en soi, c’est ramener de la stabilité, de la solidité, de l’ancrage, de l’équilibre, de la lenteur, voire de l’immobilité et surtout, de la constance. C’est se raccorder aux choses qui durent dans le temps sans subir les influences extérieures, les modes ou les agitations. Rien de tel que de perpétuer une vieille tradition qui n’a pas de liens avec les préoccupations éphémères des hommes pour nourrir sa terre. Une tradition qui a de longues racines et qui véhicule des enseignements qui seront bénéfiques de tout temps et en tout lieu.
Ramener de l’eau, c’est ramener de la souplesse, de la fraîcheur, du mouvement, du lien. C’est mettre de la fluidité dans ce qu’on fait, c’est contourner les obstacles en évitant les pertes d’énergie qui pourraient naître de vaines oppositions. C’est privilégier la patience et les petites actions répétées avec régularité aux grandes entreprises menées dans la fureur. Ramener de l’eau, c’est choisir l’infiltration douce à la tentation de tout brûler.
Tempérer l’air, c’est se tenir à l’écart des sources d’agitation. C’est faire en sorte d’instaurer le calme, d’aérer les périodes de mise en action par des espaces de ressourcement. Tempérer l’air, c’est écouter le silence et le laisser nous inspirer.
Il ne s’agit en rien d’éteindre le feu, il s’agit de le maîtriser, de créer en soi l’harmonie des éléments pour que ce feu reste vivifiant et ne devienne pas destructeur.
En février 2027, le cheval de feu cédera sa place à la chèvre de feu. Cela laisse sous-entendre que la ligne de conduite devra être assez similaire et qu’en plus, il faudra renforcer nos fondations. Notre stabilité sera mise à l’épreuve, il faudra donc s’entraîner à « maintenir la chèvre » fermement. Les pratiquants de Wing Chun comprendront l’image.
Soucieux d’accompagner les nécessités de l’époque à travers l’enseignement des arts martiaux et des arts énergétiques Chinois, je vais ramener l’étude des disciplines tempérantes que sont le Qi Gong et le Taiji Quan à des heures plus abordables pour la majorité des gens. En effet, la rentrée prochaine sera marquée par l’ouverture de deux créneaux horaires dédiés aux arts internes en soirée. Il y aura du Qi Gong le mardi soir et du Taiji Quan le jeudi soir de 18h30 à 19h45. L’idée est de permettre à tous ceux qui entendent effectuer un travail personnel en vue de rester maître de leur harmonie intérieure, de bénéficier d’un accès plus pratique à l’enseignement de ces disciplines.
Parallèlement à cela, un nouveau cours de Wing Chun pour les débutants sera ouvert le mercredi soir aux mêmes horaires. Cela me permet de transformer le créneau qui, la saison dernière, était réservé aux débutants, en créneau pour les « pratiquants intermédiaires ». Il y aura juste un décalage de trente minutes pour ce cours qui commencera à 19h45, tout comme le cours de boxe chinoise du mercredi et le cours de Wing Chun pour les confirmés du jeudi.
Une autre nouveauté consiste à proposer un cours de condition physique adapté à la pratique des arts martiaux le vendredi matin. En effet, je déplore souvent, chez les pratiquants actuels, le manque de construction des qualités physiques qui me semblent basiques et essentielles pour un adepte des arts martiaux Chinois. J’agis donc en conséquence en proposant, à ceux qui le souhaiteront et le pourront, de bénéficier d’une heure quinze de construction et d’entretien de ces qualités, le vendredi de 6h30 à 7h45. L’objectif n’est pas un objectif de performance. L’idée est de compléter la pratique des disciplines martiales étudiées dans l’école par un travail spécifique garantissant une prédisposition physique à les aborder avec aisance. Souplesse, motricité, agilité, coordination, tonification, équilibre et stabilité seront les qualités visées. On travaillera la terre / la structure, on y mettra de l’eau / de la souplesse pour qu’elle soit malléable et on l’aérera sans l’agiter en composant les séances harmonieusement de manière à équilibrer les dépenses énergétiques et le ressourcement.
Niveau formations, nous aurons deux évènements : une 1ère formation de trois week-ends consacrée à trois thèmes précis : l’art des saisies et des luxations, l’art des projections et l’application du Wing Chun au sol. La seconde formation sera consacrée au Taiji Quan de style Yang avec l’étude de la troisième partie de la forme en 37 postures et 108 mouvements. Je consacrerai prochainement un article à la présentation de cette seconde formation qui aura lieu sur deux week-ends (mars et avril).
Je vais œuvrer à l’élaboration d’une troisième édition du format SAGESTE et un projet de stage d’été, fin juin, en montagne est actuellement à l’étude.
Voilà pour les premières infos concernant la saison prochaine. Bien entendu cette dernière sera sûrement enrichie de quelques surprises supplémentaires puisque des liens se créent avec d’autres écoles. En attendant, si je ne vous retrouve pas lors du stage de juillet, je vous souhaite dès à présent un merveilleux été.
Brice.